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 Opération Obélix à Crozet - novembre-décembre 2006

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MessageSujet: Opération Obélix à Crozet - novembre-décembre 2006   Lun 3 Mar - 15:27

Sauvetage d’un fondoir de phoquiers - baleiniers

Le nombre de chaudrons de phoquiers et de baleiniers qui parsèment les côtes des îles des Taaf fait de la France – qui pourtant n’a pas de tradition baleinière affirmée – un des pays les plus riches en ce type de vestiges. L’un d’eux, dans une petite vallée qui rejoint au NW la plage de la Baie Américaine (île de la Possession - Crozet) a pris la vedette sur tous les autres tant il est unique. D’abord, il se trouve encore englobé dans son four pour former un fondoir, et ce dernier est intact.





Ensuite, ce monument est fait de pierres locales, alors que tous les autres fours connus dans les Taaf sont faits de briques importées par les baleiniers et phoquiers, et ils sont tous dans un état de ruine avancé ; Enfin, il est doté d’une cheminée de plusieurs mètres de haut, elle-même adossée au versant de la vallée. Ces particularités qui nous conduisent à en proposer une très vraisemblable ancienneté lui auraient permis de prolonger une paisible retraite – pour le plus grand intérêt de ses visiteurs et autres touristes – si ce fondoir n’avait été construit sur une petite falaise que la mer affouille à sa base. Dès son invention en 1994, ce fondoir jouissait de la sollicitude du Service du patrimoine historique, et le chaudron fut bientôt équipé d’une anode sacrificielle destinée à ralentir sa corrosion. Puis, au début des années 2000, des « big bags » chargés de sable et de galets de la plage furent régulièrement disposés à la base de la falaise pour la protéger des assauts des plus fortes marées. Mais la menace à la base se doublait d’une menace par le haut : en effet, les très fortes précipitations ravinaient le versant contre lequel il était adossé et l’on pouvait craindre que les deux menaces se conjuguant, ce vestige unique disparût à tout jamais. Dès lors, on envisagea plusieurs solutions. La Commission du patrimoine historique consultée les apprécia toutes et finalement conseilla son déplacement pur et simple et le remontage de l’ensemble dans un endroit aussi proche que possible de celui de son implantation originelle. On ne pouvait plus attendre. Une mission d’archéologues envoyée par les Taaf pour procéder au démontage raisonné du vestige vient de terminer le travail avec un succès complet. Sous la direction de Jean-François Le Mouël, archéologue au CNRS et chef du Service du patrimoine historique et des sites archéologiques des Taaf, une équipe de trois personnes constituée de Paul Courbon, ingénieur géomètre-topographe, Alexandra Barbot, étudiante et Nicolas Dantec, logisticien et infrastructure, arriva sur site avec le Marion Dufresne le 10 novembre 2006. Elle procéda d’abord à une cartographie de l’ensemble de la petite vallée dite Vallée des Phoquiers dans laquelle elle positionna - outre le fondoir - quelques proches vestiges de structures d’habitat. L’eau qui remplissait le chaudron fut évacuée afin d’alléger le poids de l’ensemble et de permettre aux archéologues d’utiliser sans risque la petite plate-forme minée à sa base qui soutenait encore l’ensemble pourtant déjà partiellement en surplomb. Puis le monument fut nettoyé ce qui permit de faire ressortir les zones de contact entre le vestige lui-même et son immédiat environnement, et de faire apparaître son appareillage constitué de blocs de basalte – le plus souvent des galets de plage – et les joints. Ceux-ci étaient constitués d’un mélange de tourbe et de sable fin locaux que le feu avait induré, plus encore dans les endroits où avait coulé de l’huile chaude, sans doute lors de débordements du contenu, ou lors des transferts vers les contenants d’exportation. Les pierres furent alors numérotées et les points enregistrés au moyen d’un théodolite permirent d’établir 6 profils verticaux : ils permettront au maçon – avec le complément photographique – de repositionner chacun des éléments lors de la reconstruction à l’identique du monument. Alors commença le démontage proprement dit, en procédant, bien-sûr, par le haut de la cheminée. Du conduit en fer, il ne restait que des traces. L’avancement du démontage permit de confirmer que le chaudron était en quelque sorte suspendu dans l’appareil de telle sorte que, à sa base, était dégagé un volume pour le foyer. Par 2 tiges de fer passées dans ses oreilles et faisant barrettes il reposait sur l’appareil lithique, lui-même construit en encorbellement. On laissa donc momentanément les 2 massifs de pierre qui soutenaient le contenant d’un poids estimé à 300 kg et, par la bouche, on passa 2 chevrons qui, faisant levier, permirent de le soulever d’un côté puis de l’autre pour démonter successivement les derniers supports. De la même façon, alternativement, on put alors passer et déployer sous la masse de fonte un filet de sling dont les suspentes, en attendant l’hélitreuillage, furent arrimées à des pieux de fer de 1,30m enfoncés profondément dans le versant une vingtaine de mètres au dessus.





L’heure tant attendue arriva avec le Marion Dufresne. Au jour dit, l’hélicoptère déposa à 200m de la falaise, sur un endroit particulièrement plat de la plage, une caisse préparée aux dimensions du chaudron (101 x 118 x78cm) par le menuisier de la base Alfred Faure. Puis il revint vers la falaise où le filet contenant notre pièce historique fut accroché à l’élingue pour être transportée jusqu’à la caisse dans laquelle il fut doucement déposé. Dûment calé dans sa caisse, le chaudron est actuellement en route pour un laboratoire de la métropole qui lui appliquera les traitements nécessaires à sa conservation et les quelques restaurations que nécessite son état.





Précautionneusement rangées dans une caisse dûment bâchée, les 90 pierres du fourneau attendront quelques mois avant que soit reconstruit à l’identique, dans le lieu le plus favorable de la Baie Américaine de Crozet, ce fondoir témoin unique d’une activité heureusement révolue.

Source : http://www.taaf.fr/

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